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Les arrestations à la frontière américaine ont fortement diminué, mais les affirmations de la Maison-Blanche sur un nombre de franchissements historiquement bas et le départ de millions de personnes vont au-delà de ce que les chiffres permettent d’établir.
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Le 20 octobre, la Maison-Blanche a déclaré que le président Donald Trump avait ramené les franchissements illégaux de la frontière à un niveau historiquement bas et que plus de trois millions de migrants avaient quitté les États-Unis pendant son second mandat. Les chiffres provisoires de la Border Patrol montrent une forte baisse des arrestations à la frontière sud-ouest. Ils ne permettent toutefois pas d’établir combien de migrants sont partis, et la baisse des arrivées à la frontière avait commencé avant le retour de Trump au pouvoir. [1] [4] [8]
Selon les chiffres rapportés par KVIA, la Border Patrol a enregistré 98 708 arrestations entre les points de passage officiels de la frontière sud-ouest au cours de l’exercice financier qui s’est terminé le 30 septembre 2026. Les autorités frontalières ont comparé ce chiffre aux plus de 1,8 million d’arrestations par an sous Joe Biden, soit une baisse d’environ 95 %. Elles ont indiqué séparément que 379 243 rencontres avec des migrants avaient eu lieu dans tout le pays, un indicateur plus large. Les arrestations ne comptabilisent pas toutes les personnes qui franchissent la frontière, notamment celles qui échappent aux contrôles. [4]
L’administration présente le dernier chiffre des arrestations à la frontière comme le plus bas de l’histoire des États-Unis. Mais un tableau historique de la Border Patrol fait état de 96 641 rencontres à la frontière sud-ouest en 1968, et de totaux inférieurs les années précédentes. Les méthodes et la terminologie utilisées pour le comptage ont changé : la comparaison ne mesure donc pas tous les franchissements de l’une ou l’autre période et ne permet pas d’affirmer sans réserve que les arrestations enregistrées sont à leur plus bas niveau historique. [1] [4] [5]
La baisse ne peut pas non plus être attribuée dans son intégralité à une seule présidence. Le Congressional Budget Office indique que l’immigration dans la catégorie des « autres ressortissants étrangers » a diminué après une mesure prise en juin 2024 sous la présidence de Biden, puis a encore reculé à la suite de mesures ultérieures du gouvernement. Des chercheurs du Deportation Data Project affirment que la majeure partie de la baisse des arrivées à la frontière s’est produite durant la dernière année de mandat de Biden. De son côté, le CBO attribue une grande partie de la révision à la baisse de ses prévisions migratoires ultérieures aux mesures prises par l’administration Trump. Ces résultats indiquent des changements sous les deux présidents, sans permettre de répartir précisément leurs effets.
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La Maison-Blanche affirme également que la population vivant aux États-Unis sans statut légal d’immigration a diminué d’au moins 2,3 millions de personnes, que plus de trois millions de migrants sont partis et que près de 1,2 million de personnes ont été expulsées ou renvoyées. Elle ne présente pas de calculs ni de définitions permettant de comprendre comment ces trois chiffres s’articulent. [1]
Le chiffre de 2,3 millions correspond à une estimation préliminaire du Center for Immigration Studies, qui évaluait la population sans statut légal à 15,8 millions en janvier 2025 et à 13,5 millions en juillet 2026. Son coauteur Steven Camarota précise qu’il s’agit d’une *variation nette* de la population estimée : les arrivées, les départs, les décès et les personnes qui obtiennent un statut légal ont tous une incidence sur ce chiffre. Ce n’est pas un décompte des départs. [2] [3]
Cette estimation s’appuie sur une enquête mensuelle auprès des ménages. Le Bureau du recensement avertit que les variations dans l’échantillon relativement réduit de personnes nées à l’étranger peuvent refléter les fluctuations liées à l’échantillonnage et déconseille d’utiliser les changements dans la population estimée pour calculer les flux migratoires. Le Center for Immigration Studies affirme n’avoir trouvé aucun indice clair montrant que la baisse s’explique par une participation moindre à l’enquête. [2] [6]
L’affirmation supplémentaire de la Maison-Blanche selon laquelle le solde migratoire net des États-Unis est devenu négatif en 2025 est contestée. Des chercheurs de Brookings estiment que le solde net a été négatif, avec une perte de 10 000 à 295 000 personnes sur l’année civile ; le CBO estime pour sa part un solde positif d’environ 410 000 personnes. L’estimation du Bureau du recensement, qui fait état d’un gain net de 1,3 million, porte sur une période différente, de juillet 2024 à juin 2025. [1] [7] [8] [9]
Les opérations d’application des lois sur l’immigration à l’intérieur des États-Unis se sont intensifiées : le Deportation Data Project a constaté que les expulsions faisant suite à des arrestations par l’ICE en janvier 2026 avaient été cinq fois plus nombreuses que le rythme mensuel moyen du second semestre 2024. Mais ses chercheurs affirment que les registres de renvoi de l’ICE et des agences frontalières se chevauchent probablement et qu’on ne peut pas les additionner pour obtenir un total fiable sans savoir dans quelle mesure. Leurs résultats montrent une forte intensification des opérations à l’intérieur du pays, mais n’établissent pas le chiffre cumulé des expulsions avancé par la Maison-Blanche.