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La résistance aux nouveaux centres de données dédiés à l’IA devient un enjeu électoral aux États-Unis. Des référendums locaux, un sondage national et des estimations de la demande énergétique montrent les enjeux — et les limites des affirmations générales sur les coûts et les bénéfices.
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Les électeurs de huit États américains devraient se prononcer sur 39 mesures locales concernant les centres de données lors des élections de mi-mandat du 3 novembre, selon Stateline. Certaines interdiraient ces installations ; d’autres modifieraient les règles de zonage ou exigeraient l’approbation des électeurs. L’opposition est également devenue un enjeu des campagnes électorales au niveau des États et au niveau fédéral, même si les mesures locales soumises au vote ne permettent pas de prédire qui remportera ces élections.
Un sondage de l’université du Massachusetts à Amherst aide à comprendre la pression exercée sur les candidats. Parmi les 1 000 personnes interrogées en août, 65 % étaient opposées à la construction d’un centre de données consacré à l’IA dans leur propre communauté, contre 11 % qui y étaient favorables. L’opposition dépassait les clivages partisans : 76 % des démocrates et 52 % des républicains étaient opposés à un projet local. Le sondage portait sur les installations d’IA à proximité, et non sur l’ensemble des centres de données ni sur les intentions de vote des répondants. Sa marge d’erreur annoncée était de 3,5 points de pourcentage.
L’ampleur de la demande d’électricité donne du poids au débat. Le Lawrence Berkeley National Laboratory estime que les centres de données américains ont consommé 192 térawattheures en 2024, soit 4,7 % de l’électricité du pays. Dans son scénario de référence, cette part atteindrait 11,8 % d’ici 2030, mais il s’agit d’une prévision, et non d’une consommation déjà enregistrée. Les chiffres nationaux ne permettent pas de savoir si un projet donné fera augmenter les factures locales ; cela dépend notamment de la manière dont seront financés les nouveaux approvisionnements et les améliorations du réseau électrique.
La réponse législative est importante, mais les chiffres doivent être interprétés avec prudence. Une liste de la National Conference of State Legislatures, mise à jour le 15 septembre, recense des propositions visant à suspendre ou à restreindre le développement des centres de données dans 16 États. Elle comprend des mesures signalées comme ayant échoué ou ayant fait l’objet d’un veto, ainsi que des projets de loi déposés et une mesure adoptée par une assemblée législative. Cela ne signifie pas que 16 interdictions sont en vigueur ni que les 16 propositions sont toujours à l’étude.
Les partisans mettent en avant les investissements, les recettes fiscales et les emplois ; les opposants s’inquiètent aussi de la consommation d’eau, de la pollution, du bruit et de l’occupation des sols. Dans une analyse comparant les comtés où des centres de données étaient achevés à ceux où des projets annoncés avaient été annulés, des chercheurs de Brookings ont estimé qu’un comté accueillant son premier grand site enregistrait environ 100 à 200 emplois supplémentaires en moyenne. Ils ont constaté des retombées plus importantes dans les télécommunications autour des grands sites exploités par des entreprises, par rapport aux installations qui louent des espaces à d’autres entreprises. Cette estimation ne constitue pas une promesse d’emplois pour un nouveau projet.
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Les entreprises technologiques réagissent en promettant davantage de transparence et de retombées locales, rapporte l’Associated Press. Elles se sont également engagées à prendre en charge les coûts des infrastructures électriques, une question examinée dans notre article sur la promesse de l’administration concernant l’électricité des centres de données. Pour les communautés appelées à se prononcer sur un projet, les modalités de ces engagements comptent davantage que les moyennes nationales en matière d’emplois ou d’électricité.